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Nous ne les laisserons pas enterrer notre printemps

il y a 4 mois, par Secrétariat jeune

La grande expérience de ce printemps

La lutte contre la loi travail représente un combat exceptionnel a plusieurs titres. Par son caractère explosif, puisque dès le 9 mars 500 000 personnes descendaient dans la rue, dont plus de 100 000 jeunes, d’une quarantaine de facs, avec une centaine de lycées bloqués, etc. Par sa longévité, jusque juillet, et pendant les vacances. Par la diversité des secteurs impliqués, puisqu’aux étudiant.e.s et lycéen.ne.s ont succédé intermittent.e.s, routier.ère.s, dockers, raffineur.euse.s, cheminot.e.s, travailleur.euse.s du nettoiement, etc., etc. Par la profondeur des problèmes politiques soulevés, de celui de la précarité que les capitalistes veulent imposer comme la norme nouvelle au travail, à la question du rôle joué par l’Etat ou encore les grands médias, quand l’ensemble des personnes mobilisées ont vu les insitutions se coaliser pour réprimer, blessser, juger, criminaliser, décrédibiliser. Les salarié.e.s, les jeunes, ne peuvent sortir comme avant de cet intense combat, qui a touché tout le monde même si, et c’est une limite, seule une minorité s’y est engagé directement.

La peur des gouvernants : une nouvelle conscience de classe ?

Mais ceux qui nous gouvernent ont bien compris que cette immense expérience représentait pour eux un danger fondamental : celui de voir émerger une conscience collective nouvelle et radicale, une conscience de classe qui se bâtisse sur le bilan de ce qui a été tenté au printemps, des obstacles que le mouvement a rencontré. Car en effet, des milliers de militant.e.s du mouvement ont vu ce qui se cachait sous le masque de la République des classes dominantes, et l’impossibilité de combattre ce pouvoir patronal avec les méthodes imposées par les bureaucraties syndicales, qui ont divisé les secteurs entre eux, disjoint les rythmes, enterrant de fait la possibilité d’une grève générale et prolongée.

Racisme d’Etat, répression, etc., ...ils mènent leur politique

Face, donc, à cette situation, les classes dominantes ont mené cet été leur politique. Après le massacre de Nice, qui est une preuve de plus que nous sommes les premières victimes du chaos semé par l’impérialisme, dont la politique sécuritaire ne sert viciblement à rien contre le terrorisme, elles nous ont ressorti l’arsenal identitaire, raciste, et le gouvernement a prolongé encore l’état d’urgence. Adama Traoré a été assassiné par la police, et celles et ceux qui se sont mobilisé.e.s pour dénoncer ce meurtre ont été violemment réprimés. Puis s’est ouverte la polémique islamophobe sur le « burkini », arrêtés et flics municipaux à l’appui, pour stigmatiser encore plus la population musulmane. Il s’agissait d’imposer un autre scenario, celui de la polarisation raciste, nationaliste, histoire pour les politiciens des classes dominantes de conserver une influence sur une partie de la population en la dressant contre l’autre.

En cette rentrée, militer pour construire un autre scenario

Mais ce bras de fer pour savoir quel est le monde qui vient est loin d’être terminé. C’est parce que le printemps a vu émerger une radicalité nouvelle que la réaction des dominant.e.s se fait plus brutale. Alors que les candidats des classes dominantes cherchent à nous convaincre que l’austérité, le libéralisme, le racisme d’état ou encore la surveillance généralisée passeront mieux sous des traits nouvaux, la rentrée est aussi pleine de promesses. Celle de voir la rupture profonde des jeunes et des classes populaires avec le PS et les partis traditionnels se transformer en conscience de la nécessité de s’organiser et de se représenter par soi même. Celle, aussi, que les luttes redémarrent comme au printemps, alors que des grèves localisées se mènent déjà dans le monde du travail, et que les comités de mobilisation se relancent sur les facs. Celle, enfin, de voir se tisser les fils de l’alliance indispensable entre les secteurs qui se sont mobilisés au printemps, et ceux qui ne l’on pas fait parce qu’ils sont plus écrasés encore par ce système. C’est pour bâtir cette conscience de classe, et cette alliance de tou.te.s les exploité.e.s et tou.te.s les opprimé.e.s que nous militons au NPA. Et c’est pour porter cette voix que notre camarade Philippe Poutou, ouvier dans l’automobile, se présente aux présidentielles. Cette rentrée est aussi l’occasion de nous rejoindre pour tou.te.s celles et ceux que cela intéresse !