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Quand la grève va plus loin… on dessine un autre monde !

Mai 2016, par Secrétariat jeune

Les médias et le gouvernement ont largement critiqué la situation de jeudi dernier où les salariés en grève ont décidé de ne publier uniquement l’Humanité, seul journal qui comprenait l’édito de la CGT. Pourtant derrière cette acte c’est bien la fore des travailleurs qui a été démontré : leur capacité de bloquer l’économie mais aussi de décider comment et pour qui produire.

La grève active… une actualité ?

Même si on a beaucoup parlé sur la situation des journaux, il y a un autre secteur qui a mis en place une telle démarche : EDF. Lors d’une action dans le 93, des salariés d’EDF et des usagers ont bloqué un centre source et ont organisé le basculement en heure creuse. C’est à dire diminuer le coût pour les usagers de l’électricité. Ce n’est pas une première à EDF, on a déjà assisté à des grèves dans lesquelles les salariés font le choix de réapprovisionner en électricité des foyers qui n’avaient pas pu payer leurs factures et couper l’électricité pour des grands patrons que ce soit au niveau de leur foyer ou dans des centres stratégiques de l’Etat. Le cas le plus marquant fut la coupure d’électricité lors d’un meeting du PS.
Derrière ces actes, c’est la possibilité des salariés de faire fonctionner la société sans les patrons, sans les cadres dirigeants mais aussi sans l’Etat.

La grève active : une arme dans les mains des travailleurs.

Quand les travailleurs décident d’utiliser leur force dans le sens de la grève, en produisant ou en agissant dans le cadre de la confrontation : les possibilités peuvent devenir infini. Avec la grève reconductible dans la SNCF, on peut imaginer facilement la situation de blocage complet qui peut en découler. Si les salariés décider alors d’organiser eux –mêmes les transports pour aller aux manifestations en organisant des départs de chaque gare que cela soit pour les manifestations régionales ou la montée nationale à Paris : on voit en quoi cela pourrait représenter une force sans précédente dans la mobilisation. Dans d’autres secteurs on peut imaginer une autre situation : les bus RATP capable d’ouvrir des manifestations pour protéger les manifestations, organiser des blocages stratégiques en plaçant des bus autour des lieux stratégiques… Dans l’imprimerie cela pourrait être l’édition d’un journal de la mobilisation donnant les éléments sur les grèves dans les différents secteurs mais aussi de donner largement et globalement les dates d’actions et de manifestations.
Avec de tels actions on peut imaginer les possibilités qui s’ouvriraient à nous avec une paralysie du pays mais aussi l’utilisation de l’appareil de production uniquement dans le sens de la grève et de l’affrontement contre le gouvernement. La situation serait dramatique pour le gouvernement, le rouleau compresseur serait complet et rien ne pourrait y faire face alors la question du retrait de la loi serait d’une actualité brulante mais aussi bien plus.

De la production pour la grève à la production pour l’immense majorité de la population, il n’y a qu’un pas ?

Si une telle situation s’ouvrait, c’est en réalité une autre société qui se dessinerait car derrière le fait de produire pour la grève et dans son sens ouvre la possibilité de dessiner les traits d’une autre société. Un monde où les travailleurs décident d’organiser eux-mêmes la production et de produire pour l’immense majorité de la population, pour les jeunes et les salariés. En choisissant aussi comment produire et comment distribuer tout cela : en diminuant les coûts, en le rendant accessible à toutes et tous… C’est cela aussi al force des travailleurs, la possibilité de bloquer et de produire pour eux mêmes et c’est aussi cela qui fait de la classe ouvrière, la classe sociale capable d’en finir avec cette société.

Bien entendu, nous en sommes loin, pour cela il est nécessaire que cette perspective soit défendu largement par des militants que cela soit dans le cadre de la mobilisation mais aussi en amont. C’est cela qui permettrait de changer totalement la donne, avoir des militants implantés dans la jeunesse mais surtout dans le monde du travail capable de convaincre de la nécessité de bloquer l’économie mais aussi d’être en capacité de dessiner une autre voie : celle d’une société organisée par les travailleurs.