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Merde on est pris en otage mais par qui ?

Mai 2016, par Secrétariat jeune

El Khomri, Valls, les médias… parlent de prise d’otage pour qualifier les grèves dans les raffineries et les blocages d’entrepôts. Selon la définition strict une prise d’otage c’est le faire de s’emparer d’une personne et de l’utiliser comme comme moyen de pression contre quelqu’un, un État, pour l’amener à céder à des exigences. Pour le gouvernement, les salariés des raffineries seraient donc entrain de s’emparer de la majorité de la population… Faites gaffe derrière vous, ils sont sûrement entrain de briser votre porte.

La grève n’est pas une prise d’otage

Le gouvernement parle de prise d’otage mais en fait c’est bien d’une grève qu’il s’agit. Des salariés qui exercent leur droit, encore reconnu dans cette société, afin d’obtenir satisfaction de leur revendication : le retrait de la loi travail. Cette grève n’est pas un plaisir pour les salariés, ce n’est pas un truc fun que l’ont fait sur un coup de tête mais bien une décision mûrement réfléchi comme étant la seule solution pour gagner. Faire grève, c’est perdre des journées de salaires, de s’assurer l’hostilité des cadres et des patrons de l’entreprise qui sont présents tous les jours et avec ce gouvernement c’est aussi s’assuré à un moment où à un autre d’avoir à faire aux gardiens de la paix « social » qui viendront expliquer à grand coup de matraque et de lacrymo qu’ils menacent l’ordre établi.
On est donc bien loin d’une prise d’otage mais dans le cadre d’un conflit social qui tend à se généraliser où le gouvernement voit la possibilité de faire face à un effet domino dans les prochains jours. Alors pour lui tout est bon pour faire taire la contestation, quitte à accuser des salariés qui exercent leurs droits de grèves de prise d’otage, qui soit dit en passant est condamnable à de la prison ferme entre 15 ans et perpétuités… Pas une mince incrimination que cela.
La réalité est que le gouvernement a peur et qu’il est prêt à tout et c’est cela qui explique toutes ses déclarations et tous ses faits et gestes : communication, envoie de la police, réquisition, reportage sur les personnes sans essence…

C’est qui les preneurs d’otages ? le patron et le gouvernement

En suivant la définition, on pourrait accuser l’autre camp de prise d’otage puisque les patrons nous retiennent un temps nécessaire dans le cadre d’une entreprise car nous n’avons pas d’autre choix que de nous salarier pour subsister. De plus, ils maintiennent au chômage plusieurs millions de personnes car cela permet aussi de faire pression sur les salariés afin de ne pas trop revendiquer au risque de se voir licencier. C’est aussi, en quelque sorte, le gouvernement qui en expliquant à notre place nos postions ou ce qui est bien ou mal sans nous demander notre avis ou en interdisant certains d’aller en manifestation, de nous retenir légalement contre nos grès pour faire valoir sa revendication : ne luttez plus, trimez et taisez vous !

En faite, si le gouvernement et les patrons étaient si persuadé que la majorité de la population allait vivre cette situation comme une prise d’otage, il pourrait proposer d’ouvrir le stock de réserve et de les délivrer à la majorité de la population… Il faut croire que leurs profits et leurs volontés de casser le mouvement est au-dessus de « leur vision de l’intérêt général »